Archives de l’Auteur: bebertsio4
pense-bête
Un tatouage drôle ne coûte pas plus cher et peut changer complètement l’ambiance d’une autopsie.
Parmi les idées rapidement abandonnées : le boomerang atomique.
Dernière déclaration d’impôt, c’était écrit que j’avais le droit de déduire les dépenses obligatoires. J’ai déduit ce que je
leur devais.
Les Boeing 747 en plastique à coller… pourquoi sur le côté de la boîte ils ont pris la peine d’écrire : “Modèle réduit” ?
- T’es un Gémeaux ? Et ta femme, c’est un Cancer ?
- Non, elle est juste un peu fatiguée.
USA, l’indissociable brutalité…
Dans certains domaines de la compréhension humaine, hasarder une réponse est le meilleur moyen d’en élucider la question. Il est stupéfiant de constater le succès que rencontrent les films de Steven Seagal. Car il faut bien admettre que sa production cinématographique regorge d’œuvres de séries b que l’on ne croyaient pas promises à de tels succès populaires.
Partant d’une trame narrative peu solide, un homme rangé au passé obscur dissimule en fait un agent du FBI ou CIA selon le profil de l’ennemi décide de se venger d’un méchant qui à fait bobo à sa famille, le film type de cet acteur ne peut plus surprendre que par des effets visuels et des retournements de situation spectaculaires. Derrière l’homme, une légende. Derrière la légende, le mystère d’un homme dont le passé se dissimule dans les brumes des matins d’asie.
Si le strabisme est divergent chez Sartre autant dire que le kunf-fu fighting est convergent chez notre héros. Comme me le disais encore, il y a peu, Chuck Maurice le président du fan club de Chuck Norris pour la Wallonie « Un roi sans royaume est une figure ridicule, mais une guerre entre prétendants à la succession dans un royaume sans territoire l’emporte sur tous les ridicules. » . Je sais, c’est pas vraiment de ce genre de type que l’on pensait entendre un jour du Kierkegaard mais l’appel de Léo, eh oui notre fan se prénomme de la sorte, convoque et mobilise les intelligences sur les ressorts scénaristique de ce genre de films et sur la mentalité du lambda américain, grand consommateur de Steven Seagal.
Avec Gangs of New York, son très beau film sur les années 1840, Martin Scorsese montre que la violence américaine n’a jamais été cantonnée à la conquête du Far West, ni, a fortiori, à quelques épisodes sporadiques comme les mafias sous la prohibition des années 1920 ou les émeutes raciales des années 1960. Elle se manifeste très tôt dans l’histoire du pays, dès la première minute du débarquement de chaque immigré. Cette violence immédiate, extrême, sans fin, concerne d’emblée toutes les strates de la société. Elle saisit l’arrivant pauvre en le propulsant dans des hangars hideux où s’entasse une foule hurlante. Mais aussi le riche qui voit brûler sa maison à la moindre échauffourée. Et encore la population modeste dont les canonnières du gouvernement d’Abraham Lincoln bombardent les habitations en représailles de manifestations de rue. Déjà le recours aux bombardements civils était une technique privilégiée de la police sociale, nationale ou internationale !
L’attitude américaine vengeresse, qui conduit à traiter inhumainement les prisonniers afghans (et non afghans) à Guantanamo ou à tirer sur les femmes et les enfants d’une foule à Bagdad, ne relève donc pas seulement d’une logique de grande puissance désinhibée, qui prétend imposer sa loi au monde, quel qu’en soit le prix. Elle s’enracine dans l’histoire d’une conception de la vie en société, qui est une négation de la notion même de société. Si plus de 10 000 personnes meurent par balles aux Etats-Unis chaque année (contre quelques dizaines au Canada, au Royaume-Uni ou en France), cela ne tient pas qu’aux médias agitant l’angoisse sécuritaire ; cela vient du fait qu’une part de ce qui fonde la substance d’une société n’a jamais été formée dans ce pays.
Sans doute cette explication n’est-elle pas absolument vraie, mais elle constitue un fil rouge pour rendre compte de la violence essentielle en provenance des Etats-Unis, jusques et y compris ce désir buté de régler les désaccords internationaux par l’action illégitime et le massacre de civils
Rilke
Combien le pape au fond de son faste,
sans être moins vénérable,
par la sainte loi du contraste
doit attirer le diable.
Peut-être qu’on compte trop peu
avec ce mouvant équilibre;
il y a des courants dans le Tibre,
tout jeu veut son contre-jeu.
Je me rappelle Rodin
qui me dit un jour d’un air mâle
(nous prenions, à Chartres, le train)
que, trop pure, la cathédrale
provoque un vent de dédain.
Aus: Vergers (1924/1925)
Chagrins
Nous n’avouons nos chagrins à un autre que pour le faire souffrir, pour qu’il les prenne à son compte. Si nous voulions nous l’attacher, nous ne lui ferions part que de nos tourments abstraits, les seuls qu’accueillent avec empressement tous ceux qui nous aiment.
Nation belge
La nation et le meilleur rempart contre le nationalisme.
Nation : pays(age) + langue. Pas race. La Belgique serait aussi bien la Belgique si elle n’était peuplée que de Beurs, de Noirs ou de Jaunes qui parlent français ou flamand et ont nos coutumes. Cette simple remarque change tout. Les vrais « étrangers », les vrais « immigrés » d’aujourd’hui sont les belges « de souche qui parlent et vivent en Américains. Inversement, n’importe quel petit maghrébin des Marolles ou de Marchiennes qui invente des rimes en « eur » ou en « ette » et trempe le matin sa tranche de Cramique au beurre salé dans son cacao est plus Belge qu’un Galloricain de multinationale.
(Hélas, cette belle généralisation est de moins en moins vraie. Les « tags », les casquettes de hockey et le phénomène des bandes de banlieue nous rappellent cruellement que les plus défavorisés peuvent être aussi les proies les plus faciles de la colonisation.)
Passantes de Passy
Jolies passantes de Passy
Je me demande souvent si
Dans le plaisir qu’on dit charnel
Vous gardez vos tailleurs Chanel
Jolies passantes de Passy
J’aperçois quand, dans vos taxis,
Vous partez pour quelque cocktail
Sur une épaule, une bretelle
J’envie vos dentelles
Le matin quand elles
Vous entourent de leurs
Lacis
Sans parler des pailles
De vos Martini Dry
De vos glaces aux papayes
Aussi
Jolies passantes de Passy
Je me demande souvent si
Dans les jumpings à Bagatelle
Vous portez des porte-jarretelles
Quand le dimanche en Givenchy
Si sages sous vos robes en vichy
Le diable s’immisce dans vos missels
Tripotez-vous la p’tite ficelle
Les chambres d’hôtel
Les filles de passage
Tous ces minitels
Leurs messages
Les amours par douze
Des salons de massage
Moi, ça me donne le blues
De vos corsages
Jolies passantes de Passy
Je me demande souvent qui
Bourdonne dans vos nid d’abeilles
Flâne la nuit sous vos flanelles
Je vous ferai, c’est dommage,
Ni frais ni hommage
C’est peut-être mieux ainsi
Moi, les femmes fidèles
Je me méfie d’elles
Elles sont bien plus chiennes
Narcissisme
Le narcissisme, hélas ! est universel. Ne change que la dose d’effort qu’on y met. Il y a le narcissisme « qui a sa dignité », en réalité le narcissisme paresseux, qui ne fait jamais vraiment ce qu’il faut pour sa cause. Et il y a le narcissisme qui mouille sa chemise, mal vu au début car ses mesquineries, complaisances et trucages sautent aux yeux ; puis on n’y pense plus et, à la longue, c’est lui qui gagne.
Le pire qui puisse arriver à un homme qui a l’insigne faiblesse de penser à sa gloire, c’est de s’y prendre comme un manche et, au bout du compte, par scru pules de dernière heure, modestie mal placée ou peur d’être percé à jour, de n’en obtenir aucune.
Nous finissons tous comme Narcisse. Ne changent que l’âge auquel chacun succombe et le nombre de bulles grotesques qu’il fait en se noyant dans sa propre image (ah ! ces vieillards dignes qui soudain ne le sont plus, ces ex-discrets qui se mettent intarissablement à parler d’eux-mêmes, qui font verbalement sous eux!)