pense-bête

septembre 1, 2009

Un tatouage drôle ne coûte pas plus cher et peut changer complètement l’ambiance d’une autopsie.
Parmi les idées rapidement abandonnées : le boomerang atomique.
Dernière déclaration d’impôt, c’était écrit que j’avais le droit de déduire les dépenses obligatoires. J’ai déduit ce que je
leur devais.
Les Boeing 747 en plastique à coller… pourquoi sur le côté de la boîte ils ont pris la peine d’écrire : “Modèle réduit” ?
- T’es un Gémeaux ? Et ta femme, c’est un Cancer ?
- Non, elle est juste un peu fatiguée.

Les malfaisants

août 5, 2008

Je me suis toujours dit qu’il y a trois types de malfaisants sur la planète : le juriste, le psy et le con. Si je veux commettre une saloperie, je trouverai toujours un juriste pour justifier mon acte, un psy pour l’excuser et un con pour me pardonner…

Noirceur

mars 3, 2008

« Dans la nuit noire de l’âme, il est toujours trois heures du matin. »

FRANCIS SCOTT FITZGERALD,
Correspondance.

Aphorisme

février 26, 2008

Précieux aphorisme. Prétentieux aphorisme.

Un aphorisme est une vue sur le monde en forme de définition ou d’observation brève, sous-tendue par une figure de rhétorique, généralement le paradoxe ou l’allusion (à une formule célèbre, proverbe ou citation), et agrémentée d’un jeu sur les mots (répétition, assonance).

Dans le meilleur des cas, c’est une épigramme concentrée, un haïku drôle, un mot d’esprit qui va loin.

C’est la forme de ceux qui essaient de partir de rien pour dire qu’ils sont revenus de tout.

C’est un dauphin qui sort de l’eau et y replonge. Il ne nous dit rien de la profondeur de la mer.

Comme l’épigramme au XIXe siècle, il a tenté trop de militaires en retraite et de jeunes fats pour n’être pas une forme suspecte.

L’aphorisme réussi est un miracle improbable : il doit associer une vérité résumant toute une vie et un mot d’esprit ; la profondeur et la légèreté. Souvent on a la vérité sans l’esprit et, plus souvent encore, le mot d’esprit sans la vérité.

Au royaume de l’aphorisme, l’étincelle est souvent prise pour le feu et l’éclaboussure pour l’eau.

Mais quelquefois c’est la foudre la nuit. L’espace d’une seconde, l’un d’eux nous fait mieux voir le monde qu’en plein jour.

Ce sont des fleurs sauvages dans un bois. Et les cail­loux du Petit Poucet (car ils doivent conduire quelque part).

Seulement justifiés s’ils sont une vision du monde en pointillés, non les confettis du vide.

Pourquoi donner ainsi une pensée en fragments plu­tôt que d’un seul tenant ? Pour qu’on ait le plaisir des enfants cherchant les oeufs de Pâques dans le jardin ou jouant à un jeu de piste. Le plaisir de rapprocher les morceaux du puzzle pour que l’image complète appa­raisse.

Puzzle ? Les aphorismes sont verticaux, partant des profondeurs ou fusant vers le ciel. L’horizontalité ne leur va pas : ils se gênent, s’emboîtent mal les uns aux autres, se contredisent même parfois.

Leur manière étant la définition surprenante, géné­ralisante et péremptoire, ils s’accommodent mal des doutes, des nuances, des raisonnements, des efforts d’arasement et de synthèse qui font une pensée.

Ils peuvent cependant faire pensée (par exemple chez Leopardi ou chez Nietzsche).

Des affirmations exces­sives et contradictoires se juxtaposent au lieu de se fondre en une proposition unique et apaisée. Ils sont une vision du monde en éclats. Une pensée encore en gésine et en guerre, antérieure au laminage final. Une pensée avant la pensée.

Saltimbanques

février 21, 2008

Notre chemin n’est pas plus large que le tien, souvent nous tombons de tout haut, aussi sommes-nous cassés, mais l’attention absente ne nous oblige point de remonter à la corde. Toi, ta moindre faute, te ferait mourir. Nous amusons de nos mille fautes une mort spectatrice qui occupe la meilleure place dans le cirque de nos malheurs.

Faisons comme eux: ne tombons jamais sans mourir. Quel attroupement autour de notre chute. Mais un enfant, un peu à l’écart, regarde la corde vide avec, derrière, la nuit intacte.

La corde était si haute, que cela se passait au-dessus des rélecteurs. Tout à l’heure elle était encore parmi nous dans son maillot trop rose. C’était un autre rose qui, là-haut, expliquait à la nuit immense l’absurdité de son pur danger mouvant.

Quelle perfection. Si c’était dans l’âme, quels saints vous feriez! – C’est dans l’âme, mais ils ne la touchent que par hasard, dans les rares moments d’une imperceptible maladresse.

“une langue de poésie et de musique que je chéris depuis mon enfance. Mes poètes préférés sont les poètes français; même si j’aime Pavese, Leopardi, Dante, Pessoa, Pasolini, Yeats, Dickinson, Auden, Neruda, Goethe, Shakespeare, j’adore encore plus Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Eluard, Char, Aragon et Nerval. Nerval, c’est la beauté folle!”

Carla Bruni, entretiens dans L’EXPRESS .

“L’interview ne dit pas si les propos recueillis, l’ont été à bord d’une Lancia”

J’ai personnellement plus de plaisir à comprendre les femmes qu’à les juger.

Indian Tango

août 28, 2007

Qu’est-ce qui fait un écrivain ?

 

A Maurice, écrire, lire sont des activités élémentaires. Si on mesure la proportion d’écrivains au kilomètre carré, ce petit pays, qui lutte avec opiniâtreté pour sa survie dans l’indifférence générale du monde, détient sans doute tous les records.

 

S’y mélangent les courants venus de toutes les métropoles – la France, bien sûr, son romantisme et son roman réaliste, mais aussi l’Inde avec sa force mythique, l’Afrique, Madagascar, l’imaginaire créole, le rationalisme british.

 

On connaît l’éclat de la littérature mauricienne contemporaine : Léoville Lhomme, Robert Edward Hart, Malcolm de Chazal. Les créolisants, tels que Marcel Cabon ou Loys Masson. Mais c’est dans la création actuelle que Maurice est remarquable : depuis les années 1970 on assiste à un bouillonnementd’idées. Les difficultés économiques, les tiraillements intercommunautaires ont inventé une place publique, où le débâta cours, tandis que les puissances continentales s’enferment dans un protectionnisme frileux. Maurice est un peu l’Athènes créole de cette Méditerranée indienne.

C’est dans ce terrain qu’est née Ananda Devi. Depuis ses premiers écrits, ses nouvelles publiées dans l’exil de Londres, jusqu’autres beau roman qu’elle nous donne aujourd’hui,« Indian Tango », Ananda Devi a construit une œuvre forte, sans concessions, sans recours à l’exotisme ou aux faux-semblants, une œuvre sombre souvent, qui parle avant tout d’elle-même, c’est-à-dire de ce que c’est que d’être une femme dans le monde indo-franco-mauricien, d’être partagée entre les cultures, les religions, de chercher une liberté d’expression, accordée à ses désirs, à sa vérité propre. Elle parle, elle brave les interdits – mais, qu’on y prenne garde, ce ne sont pas forcément ceux auxquels l’on est trop facilement amené à penser, en particulier dans notre société européenne libérée en apparence.

 

Subhadra Misra, 52 ans, « pleine et charnue, longue chevelure noire, teint laiteux, yeux soulignés de noir, une femme ordinaire », au mitan de sa vie, refuse d’être enfermée dans « le club des vieilles en blanc » qui n’ont plus qu’à laisser sécher leur corps et leur cœur et s’adonner à la religion comme à une potion d’oubli. Née à Mirish Desh, mariée à Jugdish, mère d’un garçon déjà grand et indépendant, elle s’ouvre à la ville de Delhi comme à un reflet de sa quête. Delhi, c’est cette ville du futur, strates sur strates, à la fois magnifique et sordide, moderne et paralysée par l’histoire, dont le coeur – la citadelle – est un vortex de violence« où même les rats et les cloportes s’organisent en bandes ». Pour Subhadra, la seule issue est dans l’amour, auquel sa condition de femme ménopausée ne doit pas lui faire renoncer. Et l’amour, c’est celui qu’elle éprouve pour Bimala, l’héroïne du film « la Maison et le Monde » de Satyajit Ray, cette femme vêtue de son sari pourpre qui ose quitter le gynécée et affronter la passion. Amour impossible, voué à l’échec et à la solitude, à la folie, pareil à celui pour lequel, jadis, le moine Ananda fut emmuré vivant dans une grotte, et usa ses ongles et ses os à sculpter dans la pierre le corps de la femme qu’il désirait. Oui, lisant le roman d’Ananda Devi, il faut se poser la question : qu’est-ce qu’un écrivain? Qu’est-ce qui différencie l’écriture de toute forme d’art et de vie sociale ? Est-ce cette musique qui parcourt son livre, tel un frisson, l’Indian Tango qui réveille le désir d’être deux dans l’appartement suffocant où Subhadra est enfermée….

 

« Indian Tango », par Ananda Devi, Gallimard, 200 p., 17 euros.

Faire-part

août 22, 2007

Madame Capucine, née Nuphar,

Madame Lejeune, née Ophyte,
Madame Sein, née Né,
Madame Utile, née Cessaire,
Madame Ruhl, née Gresco,
Madame Soignée, née Gligée,
Madame Mausolée, née Cropole,
Madame Ku, née Gonde,
Madame Funeste, née Faste,
Madame Non, née Gative,
Madame Site, née Olithique,
Madame Leblanc, née Gritude,
Madame Zéro, née Ant,
Madame Marchand, née Gosse,
et Madame Galaxie, née Buleuse,

ont la douleur de vous faire part du décès de

Madame Freud, née Vrose.

Patience !

août 1, 2007

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